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Histoire d'angoisse

« Je suis une femme dans la trentaine qui a un lourd passé avec une famille de plusieurs enfants où il y avait de la violence. Mes parents n’étaient pas des gens qui s’exprimaient beaucoup, en fait c’était surtout ma mère qui était violente dans sa façon d’agir. Une fois, après que j’avais dénoncé mon frère, ma mère a regardé mon père qui s’est levé, a enlevé sa ceinture et est allé frapper mon frère. J’ai demandé à ma mère ce qui arrivait, pourquoi mon père faisait ça à mon frère, aucune réponse pour me rassurer. J’ai su par moi-même que ce n’était pas correct. Une autre fois, c’était l’hiver, quand j’avais 5 ans et qu’une de mes sœurs ainées ne voulait pas aller à l’école car elle faisait rire d’elle, ma mère l’a sortie de la maison avec un coup de pied au derrière et elle a claqué la porte. J’étais assise à la table et j’ai demandé à ma mère si ma sœur était correcte? Elle m’a répondu : «Toé dessine, pis laisse faire». C’est dans cette période que j’ai réalisé que je ne pouvais pas compter sur mes parents pour me sentir en sécurité.

Mes parents étaient très âgés à ma naissance. Une fois, lorsqu’une dame passait sur la rue alors que mon père était assis sur le balcon et qu’elle m’a demandé si c’était mon grand-père…C’est là que j’ai compris que je ne les aurais pas pour longtemps, mes parents, surtout mon père. Quand ma mère sortait, elle me disait : «Tu gardes ton père ce soir». J’avais 8 ans et je me souviens que tout ce que je me disais c’était : «Mon dieu, faite qu’il ne meure pas ce soir!» J’avais tellement peur et finalement, dans ma vie, j’ai souvent eu peur de la mort.

C’est avec les autres à l’école que j’essayais de comprendre c’était quoi «vivre normalement», comme le fait qu’on devait se laver quotidiennement. Et puis, plus tard, j’ai eu la chance de rencontrer mon conjoint qui m’aidait à me rassurer sur mes petites angoisses quotidiennes.

Souvent, j’essaye d’expliquer comment je peux me sentir en disant que «ça tremble ou ça shake en dedans de moi» et que ma pire angoisse est de me retrouver toute seule. J’avais continuellement peur que mon conjoint meurt, de finir toute seule, c’est moins fréquent mais quelque fois j’y pense encore. Tout a toujours été un fardeau pour moi : conduire, partir en voyage, dormir seule (quand mon chum doit partir sur la route) ou me sentir rejetée par les autres. Dans les relations, j’ai beaucoup de difficulté à dire ce que je pense vraiment et au bout du compte, je me fâche et je n’aime pas comment je le dis (dans ma famille, ça fonctionnait comme ça : s’emporter et crier pour dire les choses!) Dans ma tête je pense que je ne suis pas normale. Autant je peux être sensible, présente, dans ma relation avec les autres, autant lorsque je suis tannée, je fuis. Je n’explique rien, je fuis tout simplement. Et ensuite, je ne sais pas comment revenir, alors je reste seule et je ne me pardonne pas.

J’ai eu l’occasion de faire de longues thérapies avant. J’ai fait une thérapie de 5 ans avec une psychologue qui m’aidait à me sortir de mon passé et avec qui j’ai fait du E.M.D.R. Ça m’a aidé pendant la thérapie même si je ne me sentais pas solide à l’intérieur de moi. J’étais moins violente, ça m’a apaisé quelque temps, et ensuite, parce qu’elle est partie en congé de maternité, j’ai fait la transition avec une autre psychologue qui, elle, m’amenait à ne parler que de mes ressources dans le présent. J’ai continué avec elle pendant un an et demi puis, j’ai arrêté. Au bout du compte, mes angoisses sont revenues… Quand j’ai entendu parler de la thérapie d’ICV, j’ai tout de suite aimé l’idée qu’on pouvait aller «réparer notre soi-enfant en dedans de nous». J’avais très peur de rencontrer encore une nouvelle psychologue, mais j’ai toujours voulu arriver à complètement guérir et j’y suis allée… Je ne l’ai pas regretté!

Après plusieurs séances d’ICV où il faut ramener notre soi-bébé à la maison, dans le présent, au début je faisais des fortes crises d’anxiété et puis j’ai finis par commencer à ressentir le calme en moi. C’était complètement nouveau pour moi! C’était un état que je n’avais encore jamais connu avant. Maintenant, après presque deux ans de suivi, j’ai été capable de faire des choses que je ne savais pas que je pourrais arriver à faire… Dormir seule sans avoir peur, prendre la route dans des conditions difficile, (avant, pendant l’hiver, c’était mon conjoint qui venait me reconduire). J'ai aussi réussi à m'affirmer même si cela a fait de la chicane dans ma famille et que c'est très éprouvant. Je réalise que si je veux aller mieux, il va peut-être falloir que je me détache un peu de ma famille. C’est pourquoi j’y pense encore plus à la solitude. Je me sens encore seule mais à l’intérieur de moi, il y a un calme que je ne connaissais pas avant. Il me reste du chemin à parcourir et je ne lâcherai pas…

Quand j’y repense et que je compare à comment je me sentais avec l’EMDR et comment je me sens maintenant… C’est comme si avant, en essayant de me construire, je sentais le tronc de l’arbre qui était présent mais je n’arrivais pas à combler le creux à l’intérieur. Avec l’ICV, je sens que le calme en moi, c’est le centre du tronc qui se remplit, et l’arbre pousse tranquillement tout en se remplissant graduellement. Je peux enfin sentir qu’il est possible de guérir complètement… Et je vais aller jusqu’au bout!

Merci…

F.



CLINIQUE PSYCHO BIEN-ÊTRE - Intégration du cycle de la vie
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